De profundis, Naples – Partie 3


Naples est la ville la plus mystérieuse d’Europe, c’est la seule ville du monde antique qui n’a pas disparu comme Troie, comme Ninive, comme Babylone. C’est la seule ville du monde qui n’a pas sombré dans l’immense naufrage de la civilisation antique. Naples est une Pompéi qui n’a jamais été ensevelie. Ce n’est pas une ville, c’est un monde. Un monde antique, pré-chrétien, resté intact à la surface du monde moderne. Naples est l’autre Europe. Dans laquelle, je le répète, la rationalité cartésienne ne peut pénétrer.

Curzio Malaparte

 

Circonscrite par la Méditerranée  et le Vésuve,  Naples n’est pas uniquement un port baigné de soleil. Dans ses profondeurs, se cache une ville-miroir, en négatif : les palais, les églises, les ponts et les routes pavées ont été construites en extrayant la pierre volcanique des carrières souterraines. Le tuf, est le matériau de la ville, sa meilleure protection contre les tremblements de terre grâce à son élasticité.

Les Napolitains marchent en-dessous d’un volcan et au-dessus d’un gouffre de huit millions de mètres cubes, un immense réseau de carrières souterraines, de tombes et de catacombes, de dépôts d’ordures oubliés, de greniers à grain et d’un système d’aqueducs, canaux, puits et de citernes mis en place par les Grecs et les Romains qui ont alimenté la ville en eau pendant des millénaires.

Lumière et obscurité, surface et profondeur, vie et mort, se complètent et se superposent dans les méandres de la ville.

Le puits des âmes

Naples est le principal coeur de la vénération des morts, non seulement d’Italie, mais aussi de toute l’Europe. Les ossements des morts étaient considérés comme le principal vecteur pour rentrer en contact avec l’âme de leurs propriétaires. 

En plus de la vénération des saints, un culte s’est développé autour des âmes retenues au purgatoire, les « âmes pauvrettes » (anime pezzentelle). Les âmes du purgatoire feraient ainsi guérir les malades, trouver un bon mari pour les jeunes filles, faire revenir l’amant infidèle et donneraient même les numéros gagnants du loto, le seul moyen pour un pauvre d’accéder à une vie meilleure. Les prières que l’on prodigue aux morts sont appelées en napolitain «a refrisco» : de « la fraicheur » pour les souffrances provoquées par les flammes du purgatoire.

Ce culte s’exprimait de deux manières :

  • d’abord, dans les petites chapelles de rues toujours présentes au sein du du coeur historique. Les statuettes dévorées par les flammes infernales, lèvent les bras vers le ciel, en direction d’une image pieuse. Elles représentent chacune un métier ou un rôle social : prêtre, écrivain public, pêcheur, mère et fille, mari et femme. 
Autel des âmes du Purgatoire, Quartier Pizzofalcone, Naples, décembre 2016

Autel des âmes du Purgatoire, Quartier Pizzofalcone, Naples, décembre 2016

  • ensuite par les pratiques de dévotion dont on peut encore voir les traces dans certaines églises ou au cimetière des Fontanelles.

En effet, c’est le plus grand ossuaire d’Europe, qui rassemble les victimes des nombreuses épidémies de peste ou de choléra qui ont décimé régulièrement la ville. Sur les hauteurs, dans le Rione Sanità, un quartier pauvre et gangréné par la violence des groupes mafieux, ce cimetière a toujours été un lieu de recueillement et de rencontres entre les morts et les vivants.

Dans l’ossuaire, on voit des crânes disposés dans des petites chapelles en bois ou en verre (scarabattola) , devant lesquelles sont déposés des chapelets, des pièces de monnaie, des tickets de loto, des mouchoirs brodés, de fleurs artificielles, des ex-voto, des cierges, des photographies des êtres chers, des chapelets porte-bonheur, des colliers de perles, des jouets d’enfants, des cigarettes…

Le rituel des âmes du purgatoire était pratiqué par des femmes, «e maste» (« les patronnes ») tous les lundis, jour de la Lune et des cultes des divinités antiques liés aux ténèbres telles Diane et Hécate. Elles se rendaient dans les ossuaires et après avoir soigneusement nettoyé leur « élu », elles récitaient des prières dans un état qui pouvait mener à la transe. Le pacte entre la «masta» et son crâne devait respecter un certain nombre de conditions : après avoir choisi un crâne parmi les milliers d’ossements, elle le nettoyait avec de l’alcool et le recouvrait d’un morceau de linge blanc. Les crânes d’enfants étaient particulièrement prisés, car considérés comme des âmes plus pures. Si dans la nuit la «masta» rêvait d’un(e) inconnu(e) qui lui racontait son identité et sa vie, le pacte était scellé et le lundi suivant, le linge blanc était remplacé par un mouchoir brodé. 

Longtemps fermé au public après l’interdiction par le Concile Vatican II de la vénération des âmes du purgatoire considérée comme apparentée aux pratiques païennes et superstitieuses, le cimetière des Fontanelles est aujourd’hui un détour indispensable pour s’imprégner du mysticisme napolitain.

Il se divise en trois grandes allées. Au milieu, l’allée des « pestiférés » accueille toutes les victimes des épidémies, rassemblées autour d’un Golgotha.

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

À gauche, l’allée des « curés », héberge tous les ossements provenant des églises et congrégations avec au fond une antre appelé « le Tribunal ».

C’est ici, paraît-il, que, depuis plus d’un siècle, les chefs de la Camorra se réuniraient pour accomplir leurs rites d’affiliation et leurs serments de sang ainsi que pour prononcer les jugements de mise à mort.

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Statue de San Gaetano, Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

À droite, dans l’allée des « anime pezzentelle » (les âmes pauvrettes), une chapelle, ornée de milliers de fémurs, rangés soigneusement, est surmontée par des crânes, disposés par couples homme/femme. Elle est surnommée la « bibliothèque des morts fiancés« .

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Certains crânes recouverts de fines gouttelettes ressemblant à de la transpiration sont considérés comme miraculeux et concentrent les dévotions. Par exemple, le crâne blanc et lisse de « Donna Concetta », posé sur un autel près de la statue de San Gaetano (protecteur des pestiférés) contraste avec tous les autres crânes recouverts d’une épaisse poussière grise. Les rationalistes ont beau expliquer que seule la flamme des bougies provoque ces gouttes de condensation, toutes les femmes enceintes ou stériles venaient embrasser  la sueur sacrée de cette belle âme porteuse de fertilité et lui porter des offrandes pour recevoir son intercession.

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Le cercueil en verre d’une napolitaine, dont la légende dit qu’elle s’est étouffée avec un gnocchi car elle garde la  bouche légèrement entrouverte.

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Dernier éclat de rire, Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Street-art à l’entrée du cimetière des Fontanelles, Naples, décembre 2016

Sous certaines églises, se trouvent des hypogées, des cimetières de terre meuble. Le plus connu d’entre eux est celui de Santa Maria delle Anime del Purgatorio, en plein centre-ville, à côté de la via dei Tribunali, dont l’entrée est signalée par deux crânes en bronze lustrés par les passants.

Une fois à l’intérieur de l’église baroque, un escalier mène à une autre église, vaste et souterraine, aux murs rongés par l’humidité . Une douzaine de tombes en pleine terre recouvertes de fleurs , des veilleuses électriques bleues, mènent à la plus célèbre des jeunes fiancées de Naples, Lucia.

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Derrière l’autel, Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Église souterraine, Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Lucia, dont il ne reste que le crâne coiffée d’un voile blanc et d’une couronne de perles, entouré de fleurs factices et d’ex-voto métalliques. Toutes les femmes de Naples viennent lui rendre hommage. Toutes connaissent l’histoire de cette jeune roturière amoureuse d’un prince qui lui avait promis le mariage. Hélas, le jour des noces, la famille du marié s’y est opposé. Et Lucia s’est laissé mourir de chagrin, comme la sirène Partenope qui, jadis fût rejetée par Ulysse, avant de s’échouer sur les rivages de la ville future, Neapolis, la nouvelle ville.

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Interdiction du culte des âmes du Purgatoire par le Tribunal Ecclésiastique, Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Sacristie, Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Chiesa di Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, Naples, décembre 2016

Catacombes

Juste à côté du cimetière des Fontanelles, se trouve l’entrée des catacombes de San Gennaro, le saint patron de la ville. L’ancienne nécropole romaine, réutilisée ensuite par les Chrétiens dès le 2ème siècle, forment un dédale immense de galeries, souvent connectées entre elles avec des chapelles souterraines, coiffée d’une église. Lieux de cultes, fournissant des reliques de saints dans toute l’Europe, elles ont été redécouvertes au 18ème siècle et ont attiré les touristes faisant le « grand tour ».  Vidées progressivement au cours des siècles dans les parties accessibles au public, les fresques et les rayonnages dégarnis des tombeaux témoignent seuls de l’antique surpeuplement. La foule des occupants a été déménagée dans les ossuaires voisins.

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Fresque surplombant la tombe de San Gennaro, Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

    Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016
Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gennaro, Naples, décembre 2016

Musée Archéologique, Naples, décembre 2016

Musée Archéologique, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Le sourire d’une inconnue, Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Anciennes catacombes romaines, les catacombes de San Gaudioso, accessibles en descendant un escalier dans l’église baroque de Santa Maria de la Sanità, ont fait l’objet de pratiques originales au début du XVIème siècle : alors que les pauvres étaient entassés dans les ossuaires, exposées à tout vent, les familles nobles payaient très cher pour pouvoir bénéficier d’un traitement exceptionnel après leur mort selon une coutume espagnole proposée par les Dominicains et les Capucins.

Après avoir assis la dépouille dans une des niches, recueilli les fluides dans un pot,  une fois le corps desséché, l’ensemble était emmuré. Par dessus, on peignait la silhouette du défunt habillé de ses plus beaux habits.  Seul, le crâne était exposé dans le mur au-dessus de la silhouette peinte.

Depuis, les crânes ont été enseveli, seule demeure la cavité vide alors que les silhouettes peintes se tiennent les mains dans une danse macabre.

En 1637, cette coutume fut abolie car à force de percer les murs pour en faire des tombes au prix de 600 ducats d’or par personne,  les moines avaient mis en péril la stabilité du quartier !

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Cave de séchage, Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Quelques vertèbres en plus,  Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

Catacombes de San Gaudioso, Naples, décembre 2016

 

La vie souterraine

Mais les souterrains sont aussi aussi une refuge en temps de crise ou de guerre pour les vivants. Avec plus de 200 raids aériens pendant la deuxième guerre mondiale, Naples a été la ville la plus bombardée d’Italie, subissant les assauts successifs des Anglais, des Américains, puis des Allemands.

Pour survivre aux bombardements, les Napolitains descendaient dans les entrailles de leur ville . Le ministère de la guerre fait aménager des abris dans cinq cents carrières et citernes grecques, avec rampe d’accès, banquettes, sanitaires, douches et veilleuses électriques de 12 volts, à trente mètres de profondeur moyenne pour accueillir au moins 400 000 personnes qui descendaient précipitamment dans des goulots étroits au son de l’alarme.

Le tunnel bourbonien, décidé par le roi Ferdinand II de Bourbon au milieu du XIXème siècle pour relier la caserne et le palais royal assurant sa sécurité en cas d’attaque n’a jamais été achevé. D’une longueur de 431 mètres, creusé totalement à la main, les travaux furent stoppé quand les ouvriers finirent par tomber sur d’anciennes citernes grecques remplies d’eau. Par la suite, ce tunnel fut transformé en abri anti-aérien où les habitants les plus pauvres continuèrent de vivre encore des années après la guerre, leurs logements ayant été détruits.

Cette immense galerie souterraine servit aussi à entreposer les gravats des sculptures fascistes ainsi que les voitures  et les motos saisies par la Questura jusque dans les années 70.

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Le lavabo, Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Ce sont dans les temps difficiles que la pause café s’impose, Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

L’art de la récupération, Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

La chute des idoles, Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

La draisienne et le fasciste; Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Monument à la gloire d’Aurelio Padovani, fondateur du parti fasciste, maintenant gardien de la boutique souvenir, Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Veuillez laisser les clefs sur le contact, Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

Galleria Borbonica, Naples, décembre 2016

D’un monde à l’autre : l’esprit d’escalier

Après les errances dans les entrailles les plus sombres et secrètes de Naples, il est temps de quitter le monde des ténèbres et de l’humidité en empruntant les escaliers pour revenir à la lumière, et s’immerger dans la vie grouillante de la cité, en équilibre sur l’abyme dont elle tire son passé, son présent et peut-être son avenir.

Palazzo Zefallos, Naples, décembre 2016

Palazzo Zefallos, Naples, décembre 2016

Palazzo degli Spagnoli, Naples, décembre 2016

Palazzo dello Spagnolo, Naples, décembre 2016

Palazzo degli Spagnoli, Naples, décembre 2016

Palazzo dello Spagnolo, Naples, décembre 2016

Palazzo degli Spagnoli, Naples, décembre 2016

Attention, un escalier peut en cacher un autre, Palazzo dello Spagnolo, Naples, décembre 2016

Palazzo degli Spagnoli, Naples, décembre 2016

Palazzo dello Spagnolo, Naples, décembre 2016

Palazzo degli Spagnoli, Naples, décembre 2016

Palazzo dello Spagnolo, Naples, décembre 2016

Le marquis Nicola Moscati fait construire le palazzo dello Spagnolo à partir de 1738 pour réunir deux précédents édifices (dot de son épouse).

Le projet réalisé par l’architecte Ferdinando Sanfelice est caractérisé par un escalier interne ad ali di falco, « à ailes de faucon »,  Sanfelice pensa l’escalier comme un lieu de passage qui favorise les rencontres et les conversations entre voisins.

Quelques mètres au-dessus, dans la même rue, l’architecte reproduira la même structure pour son propre palais.

Palazzo degli Spagnoli, Naples, décembre 2016

Même architecte, même rue, mais moins de budget car c’est le palais de l’architecte, Palazzo San Felice, Naples, décembre 2016

Le magnifique escalier elliptique du Palazzo Mannajuolo en style liberty est une pure vision cosmique et semble un chemin direct vers le ciel pour les âmes pauvrettes qui errent encore dans les souterrains obscurs de la ville.

Escalier elliptique conçu par l'architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Escalier elliptique conçu par l’architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Escalier elliptique conçu par l'architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Escalier elliptique conçu par l’architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Escalier elliptique conçu par l'architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Base de lancement du sapin de Noël, Escalier elliptique conçu par l’architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Escalier elliptique conçu par l'architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Visions de l’au-delà, inspirées par Jérôme Bosch ? , Escalier elliptique conçu par l’architecte Giulio Arata du Palazzo Mannajuolo (1909), Naples

Je pars. Je n’oublierai jamais ni la via Toledo ni tous les autres quartiers de Naples ; c’est à mes yeux, et sans aucune comparaison, la ville la plus belle de l’univers.

Stendhal, Promenades en Italie


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