Grèce saturée


Suite et fin de mon expédition en Grèce. À côté des ruines antiques, on en oublierait presque les scintillements de la  mer Egée, la pénombre des  monastères dorés, le béton des villes où s’affrontent graffeurs et chats errants et les îlots de verdure, oasis bienvenus pour échapper quelques instants à la chaleur étouffante du jour.

Histoire d’un aller et retour

Pourquoi prendre l’avion et perdre quatre heures de sa vie dans des terminaux d’aéroports à attendre que l’avion veuille bien se décider à partir alors qu’on peut y aller en bateau et y arriver en 36 heures en profitant de l’horizon azur et des odeurs de mazout au milieu des campeurs de fortune du pont supérieur ? Cela laisse amplement le temps pour toucher du doigt le calvaire d’Ulysse et de ses dix années de tergiversations avant de regagner son rocher.

Les ruines de demain sont les villes d’aujourd’hui

Au milieu des immeubles en ruines ou condamnés par la crise, la nature reprend ses droits, les architectures s’entrechoquent et les artistes s’expriment de nouveau en couleurs, comme leurs illustres aînés qui jadis couvrirent l’Acropole de leurs peinturlurages blanchis peu à peu par le grand essorage des siècles.

Vertiges de l’orthodoxie

Alors que les temples antiques se sont écroulés de façon éparses dans les plaines, les temples orthodoxes sont montés à l’assaut des falaises dans un élan démiurgique, ne construisant l’escalier pour y accéder qu’au dernier moment (c’est quand même plus facile pour accueillir les cars de touristes plutôt que d’être obligé de les tracter en nacelle à la sueur du front des moines).

Plis et replis du Sacré

Alors que l’extérieur reste la plupart du temps assez modeste, toutes de briques vêtu, les églises orthodoxes gardent leurs plus beaux atours pour l’intérieur, en se couvrant d’or et de suie, témoignages de siècles de prières.

L’or des Saints

Mosaïques, icônes, fresques, tout est couvert d’or, diffractant la lumière, éclairant de l’intérieur les espaces clos de la méditation, enchâssant le hiératisme des Saints, immobiles et surplombants le croyant. Les murs ont peut-être des oreilles, mais surtout des yeux.

Selva mea

Au creux des massifs montagneux, quelques replis de verdure permettent d’aller débusquer les nymphes, quelles soient épimélides, méliades, hyléores, oréades, alséides, auloniades, limoniades, corycides, crénéesn héléades, limnades, pégées et autres joyeusetés. J’ai ainsi réussi à photographier à la source une bande de rares nymphes potamides. Comme quoi, ça n’arrive pas que dans Virgile.

L’après-midi de la faune

Et comment quitter la Grèce sans quelques clichés de chèvres ? Malheureusement les pâtres grecs de Poussin ont été remplacés par des clôtures barbelées. Il n’y a pas à dire, c’était mieux avant.

 

 

 

 


Comments (1)

  1. H.N

    Id est:
    Les temples s’effondrent, les villes se délitent, mais les chèvres demeurent?
    J’aime beaucoup quoiqu’il en soit ce déroulé tout en finesse.
    Quelle belle odyssée!

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